Auteur : Patrick Rothfuss
Traductrice : Colette Carrière
Couverture : Marc Simonetti
Maison d'Edition : Bragelonne
Parution : 2009
Pages : 782
"J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'oserait même évoquer. J'ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J'ai été exclu de l'Université à un âge où l'on est encore trop jeune pour y entrer. J'y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe
Vous avez dû entendre parler de moi."
Vous avez dû entendre parler de moi."
Un homme prêt à mourir raconte sa propre vie, celle du plus grand magicien de tous les temps. Son enfance dans une troupe de comédiens ambulants, ses années de misère dans une ville rongée par le crime, avant son entrée, à force de courage et d'audace, dans une prestigieuse école de magie où l'attendent de terribles dangers et de fabuleux secrets... Découvrez l'extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d'exception... infâme assassin.
Je viens à peine de tourner la dernière page et je sens que ma chronique va être difficile à rédiger. Je suis là, plantée devant mon écran à essayer de réfléchir aux mots qui rendront suffisamment justice à cette histoire qui est loin de se terminer et au final je sais déjà que ce que j'écrirai ne parviendra pas vraiment à transmettre la richesse du monde imaginé par Rothfuss.
C'est un monde que je pourrais rapproché de notre Moyen-Age si je dois en décrire l'ambiance, les croyances, superstitions qui y ont cours. Un chouia plus moderne par certains aspects peut-être, mais pas beaucoup plus. Je suis entrée dans le livre immédiatement grâce à cette atmosphère feutrée, un peu pesante et toute empreinte de mystère, de tension.
On est amené à rencontrer Kote un aubergiste propriétaire de son établissement, la "Pierre Levée", qui écoute ses rares habitués se raconter des histoires à propos d'un des plus grands héros légendaires ; Taborlin le Grand - un homme sachant le Nom de toutes choses - et ses mésaventures avec les Chandrians, un groupe d'êtres malfaisants si insaisissables que l'on ne sait finallement que peu de choses d'eux hormis leur appellations. Tout ce petit monde est en train de parlementer ferme autour de ces légendes lorsqu'ils sont interrompus par un de leur amis qui fait irruption dans l'auberge dans un triste état avec pour tout bagage des blessures et la créature morte qui l'a attaqué. C'est vraiment à partir de ce moment là que l'on commence à entrevoir que Kote, notre simple aubergiste, est peut-être plus que ce qu'il laisse paraitre.
Un peu plus avancé dans le récit, ça va se confirmer. Nous obtiendrons des informations le concernant au compte-goutte jusqu'à ce qu'un nouveau personnage apparaisse et que Kote passe un marché avec lui : trois jours pour sa véritable histoire. Dés lors nous sommes propulsés dans le passé de Kvothe, raconté par lui-même. Et quelle histoire ! On y aborde des sujet divers ; la pauvreté, la prostitution la drogue, la mendicité, les croyances, l'amour, l'amitié, les rivalités, la magie... Je me suis parfois retrouvée dans un état d'excitation extrême à sautiller comme une dingue parcequ'il se passait quelque-chose de bien pour notre héros, ou alors à redouter de poursuivre ma lecture parceque je flippais des prochains évènements à venir. J'ai adoré voyager auprès de Kvothe, rencontrer toutes ces personnes qu'il côtoie un jour où l'autre, suivre son apprentissage de la vie - parfois très dur - découvrir toutes ces légendes attenantes au monde dans lequel j'ai été projetée. Je ne me suis pas ennuyée une seconde au cours de ma lecture. Et j'ai vraiment aimé que l'on revienne de temps à autre à l'auberge pour quelques interludes bienfaitrices avec Kote, Bast (son apprenti plein de surprises) et notre invité ; sans qui nous n'aurions pas eu le réel récit du légendaire Kvothe.
Pour un premier roman, c'est ahurissant de richesse. On sent le vécu des personnages mais aussi de l'univers lui-même, de son histoire. C'est comme-ci ce monde avait une existence tangible, bel et bien réelle. Je ne saurais comment le dire autrement ; lorsque j'étais dans ma lecture je croyais à chaque ligne, chaque mot, chaque fait comme si je faisais partie intégrante du récit, comme si j'y assistais personnellement. C'est d'ailleurs en majeure partie grâce à ça que je me suis autant attaché à Kvothe et quelques autres personnalités que j'ai rencontré au fil des pages.
Et ma foi j'avais bien raison ; ma chronique n'est absolument pas représentative de la délectation avec laquelle j'ai lu "Le Nom du Vent".
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